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Vous êtes-vous déjà posé les questions suivantes ?
Nous faisons tous des efforts : trop ou pas assez ? Quand faut-il établir des limites, et selon quels critères ? Au départ, l’effort désigne ce que l’on fournit pour atteindre un but : il vise à combler l’écart qui nous sépare de ce que nous désirons. En ce sens, faire des efforts semble être le moyen d’avoir ce qui nous manque. Néanmoins, la réussite n’est évidemment pas garantie : si le désir définit bel et bien un objectif précis, tous les efforts du monde n’y suffisent pas toujours. Alors naît la question : à quoi bon ? Pourquoi encore vouloir agir ou améliorer les choses ? Ce doute ne révèle qu’une chose : notre rapport à l’effort manifeste une tension entre la volonté et l’involontaire, et c’est dans cette tension que se définit notre identité. Car, une personne qui fait un effort est modifiée par l’effort qu’elle fait. L’effort engage donc une force dirigée sur soi parce que dirigée par soi. De cette manière, il détermine une certaine modalité d’être dont nous ne cessons d’explorer les variations.
Séance 1. L’effort entre ascèse et volonté de vivre
Dans cette première séance, Laurent Payet-Chevalier s’appuie notamment sur la pensée de Schopenhauer pour interroger la notion d’ascèse. Il prend soin de la distinguer d’emblée de l’ascèse religieuse et de l’imagerie de mortification de la chair que l’on associe parfois, à tort, à cette idée. L’ascèse selon Schopenhauer ne consiste pas à se nier soi-même en cessant de vouloir des biens ou de consommer, mais relève d’une discipline beaucoup plus modeste et concrète : la répétition régulière d’un même geste, comme la pratique quotidienne de la flûte, exemple que Schopenhauer tire lui-même de sa propre vie. Cette régularité permet à la volonté de s’apaiser progressivement, non par renoncement douloureux, mais par une forme de paix intérieure recherchée dans la constance même de l’exercice. Laurent Payet-Chevalier souligne qu’il n’y a là aucun pessimisme, contrairement à une lecture hâtive de Schopenhauer, mais au contraire la recherche active d’un équilibre entre vouloir et apaisement.
Séance 2. L’effort : enjeu du corps. Il n’est pas qu’une simple contrainte physique, mais une épreuve , un point de contact avec soi-même.
La seconde séance prolonge cette réflexion en délaissant volontairement l’étude approfondie d’un ou deux auteurs précis — Nietzsche et Schopenhauer ayant déjà été convoqués lors de la première séance — pour se concentrer sur le paradoxe même de la notion d’effort, toujours étayée par des références philosophiques. Laurent Payet-Chevalier propose de repartir de l’expression « tenir debout » elle-même, et d’en interroger le sens littéral : tenir, c’est toujours tenir quelque chose, et cette tenue suppose un objet, un appui, une résistance. À travers cette analyse du langage ordinaire, le philosophe invite les participants à reconsidérer l’effort non plus comme une simple contrainte physique ou une donnée évidente, mais comme une véritable épreuve de soi, un point de contact entre le corps et l’identité.
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Ce rendez-vous s’inscrit dans la continuité des cours de philosophie en ligne proposés par La Maison des Sagesses : des rencontres accessibles, vivantes et exigeantes, pour explorer les grandes questions humaines avec des philosophes et intervenants passionnés.
Durée : 1 h 30 chaque webinaire, soit 3 heures en tout.
Une exploration des paradoxes de l'effort, nourrie par la pensée de Schopenhauer et de Nietzsche, à la croisée de la volonté, de l'ascèse et de l'engagement du corps.
Laurent Payet-Chevalier, diplômé en lettres modernes et en théologie, enseigne au lycée de Versailles. Spécialiste de philosophie politique, il a notamment travaillé sur le statut de la pauvreté chez Proudhon, et a poursuivi sa réflexion en puisant dans les sagesses antiques aussi bien que chez Marx. Passionné d’éthique, à l’écoute des problèmes concrets, il intervient régulièrement sur des sujets concernant la vie en entreprise et anime des ateliers pour aider ses interlocuteurs à préciser leurs pensées et à se construire ensemble, par le biais d’une réflexion solide.
À la fin de chaque cours, pendant une demi-heure, Aurélie Godefroy, journaliste, anime un temps de questions-réponses avec l’enseignant.
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