Ce webinaire n’est plus disponible à l’achat pour l’instant.
La diffusion en direct et la période de replay de ce webinaire sont terminées. Il sera prochainement disponible dans notre catalogue de replays. En attendant, découvrez nos prochains webinaires ou inscrivez-vous à notre newsletter pour être informé(e) de sa mise en ligne.
Vous êtes-vous déjà posé les questions suivantes ?
Ces deux séances animées par le philosophe Brice Bersani plongent au cœur de la pensée platonicienne pour en explorer deux grandes critiques : celle des sophistes, ces intellectuels itinérants dont l’art du discours mettait en crise le rapport à la vérité dans la cité athénienne, et celle des poètes, dont la puissance sur les âmes et les imaginaires est bien plus redoutable qu’il n’y paraît. Loin des idées reçues, Platon n’est ni un ennemi de la parole ni un iconoclaste : il cherche à distinguer le discours qui persuade de celui qui instruit, et l’image qui renvoie à son modèle de celle qui prétend le remplacer. Des questions qui résonnent avec une acuité toute particulière dans nos sociétés contemporaines saturées de discours et d’images.
Pourquoi se méfier des sophistes ?
La condamnation des sophistes par Platon est « bien connue ». Seulement, comme tout ce qui est « bien connu », elle est souvent mal connue. En effet, sans une bonne approche historique, nous ne pouvons pas saisir pleinement le sens de la critique platonicienne. Car le sophiste n’est pas seulement un charmeur qui userait des mots, il marque surtout l’avènement d’une nouvelle manière de parler, d’un nouveau rapport au discours et ce nouveau rapport a des conséquences sur la vie de la Cité, mais il nous force aussi à interroger notre rapport au vrai puisque les « sophismes » font apparaître ce rapport comme problématique.
En se ressaisissant du contexte d’apparition de la sophistique antique, nous relirons les textes fondamentaux du corpus platonicien pour répondre aux questions suivantes : qu’est-ce qu’un sophiste ? Comment use-t-il du discours ? En quoi son usage du discours met-il en crise notre rapport au vrai ?
Nous en profiterons pour nous demander en quoi la philosophie platonicienne peut éclairer des enjeux contemporains et nous apprendre à nous méfier de la puissance des discours qui, en agissant sur nos représentations, peuvent être vecteurs d’illusions. Nous opposerons ainsi au modèle monolithique du discoureur, celui du philosophe qui questionne, qui interroge et répond, bref, qui dialogue.
Pourquoi se méfier des poètes ?
Dans plusieurs de ses textes, Platon semble nous inviter à nous méfier des « poètes », de ceux qu’il appelle ainsi, et irait même, dans La République, jusqu’à les exclure de sa Cité idéale. Pourtant, Platon, c’est aussi le philosophe qui cite à de multiples reprises les poètes qui ont fait son éducation (Pindare, Hésiode, Homère, entre autres) et c’est aussi et surtout un fabricant de mythes (le mythe d’Er le pamphylien, l’allégorie de la caverne, le mythe de l’androgyne, le mythe de Theuth…). La « condamnation » par Platon des poètes n’est donc pas si simple.
Pour la comprendre, il faut déjà ressaisir le sens premier du grec poiêtês qui ne désigne pas seulement ce que nous appelons « poète », mais plus largement tous ceux qui produisent des œuvres. Or, c’est le statut de ces œuvres qui est à l’origine de la critique platonicienne car produire une œuvre, c’est produire un être second, un être artificiel qui a l’apparence d’un autre être. Produire une œuvre, c’est produire ce que l’on appelle plus généralement une image. Et c’est bien le statut ontologique de l’image qui est au cœur de la réflexion platonicienne : qu’est-ce qu’une image ? A quel type d’être fait-on référence quand on dit que telle chose est une image ? Et quelle est la puissance propre à ces choses que sont les images ?
Prenons quelques exemples contemporains pour nous convaincre de la pertinence de cette question. Regardons un enfant attiré par les écrans, soyons attentifs aux questions que peut soulever le traitement médiatique de tel ou tel fait d’actualité et à son « effet zoom », ou, encore, pour rendre justice aux faiseurs d’images, au tableau « La trahison des images » de René Magritte. S’il n’est donc pas question de ne plus produire d’œuvres, il semble néanmoins nécessaire de nous interroger sur ce que l’on fait quand on fait une œuvre pour pouvoir en saisir la portée et distinguer ainsi la copie qui nous invite à la dépasser pour atteindre son modèle, du simulacre qui tend à faire oublier son modèle et à se faire passer pour seule réalité.
———
Ce rendez-vous s’inscrit dans la continuité des cours de philosophie en ligne proposés par La Maison des Sagesses : des rencontres accessibles, vivantes et exigeantes, pour explorer les grandes questions humaines avec des philosophes et intervenants passionnés.
Durée : 1 h 30 chaque webinaire, soit 3 heures en tout.
Une traversée de la pensée platonicienne à travers ses textes fondamentaux — le Protagoras, le Gorgias, La République et les Lois — pour interroger la puissance du discours, le statut ontologique de l'image et la distinction entre simulacre et copie, entre sophistique et philosophie, entre persuasion et vérité.
Brice Bersani, né en 1992, est agrégé de philosophie et professeur de philosophie en classes préparatoires au lycée Henri Poincaré, ainsi qu’en classes de terminale au lycée Jeanne d’Arc, à Nancy. S’intéressant aux questions pédagogiques et plus particulièrement aux problèmes que posent les résistances au discours rationnel, il poursuit ses recherches au sein de l’école doctorale des Humanités de Strasbourg, où il prépare une thèse sur la misologie chez Platon. Il a par ailleurs publié un article intitulé : « Peut-on penser Carmen heureuse? » pour La Revue des Deux Mondes, et un article intitulé : « Que nous apprend l’expérience du virus? » pour la revue Environnement, Risques & Santé.
À la fin de chaque cours, vous retrouvez un temps de questions-réponses d’une demi-heure, animé par Aurélie Godefroy entre les participants et l’enseignant. Ce moment vivant et spontané vient nourrir et prolonger la réflexion, parfois jusqu’à éclairer de manière plus pratique et concrète des aspects que le format du cours n’avait pas permis d’aborder. Il invite chacun à poursuivre cette réflexion par ses propres questions.
Accédez à tous les webinaires en direct grâce à nos formules d’abonnement.
Non, aucune connaissance préalable n’est nécessaire. Notre enseignant rend ces questions accessibles à tous, qu’il s’agisse de votre premier contact avec la philosophie ou d’un approfondissement.
Vous recevez un lien Zoom personnel par e-mail une semaine avant, la veille et une heure avant la séance. Ce lien est personnel et non transmissible. Consultez notre FAQ webinaires pour toutes les questions pratiques.
L’Ecole de philo est une communauté d’élèves engagés dans un parcours de questionnement philosophique. C’est pour favoriser l’échange et le dialogue que nous encourageons chacun de vous à participer à nos cours du jeudi soir en direct.
Oui, les 30 dernières minutes sont entièrement dédiées aux questions-réponses en direct entre les participants et l’enseignant. Vous pouvez le faire sur Zoom par écrit via l’onglet Q&R ou bien par audio en utilisant le micro de votre ordinateur ou téléphone. Notre journaliste Aurélie Godefroy sera votre relais.
Notez votre question dans la fenêtre Q&R. Notre journaliste Aurélie Godefroy la relaiera auprès de votre enseignant au moment opportun.
Le chat est votre espace de discussion. Profitez-en pour réagir aux propos de l’enseignant, partager une référence, poser une question à un autre participant, ou prolonger un débat ouvert pendant le cours.
Cliquez sur la fenêtre CC pour activer la transcription écrite en direct du webinaire.
Grâce à l’IA, vous pouvez aussi copier-coller le résumé du cours et de ses chapitres qui s’affichent.
Oui, le replay est accessible dès le lendemain, vendredi, à 10 h 30 et pendant un mois pour toutes les personnes ayant acheté leur place. Pour ne jamais manquer un webinaire, découvrez nos formules d’abonnement.
Pour vous offrir la meilleure expérience de navigation, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctionnalités.