La sagesse de Platon : philosopher, c'est apprendre à mourir

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Vous êtes-vous déjà posé les questions suivantes ?

  • Avez-vous déjà remarqué que ce que vous appelez « plaisir » n'est parfois que la fin d'une douleur et que cela change quelque chose à la manière dont vous le recherchez ?
  • Avez-vous déjà envisagé votre propre mort non pas comme un événement brutal et extérieur, mais comme quelque chose qui travaille votre vie de l'intérieur et qui pourrait, à ce titre, vous dire quelque chose d'important sur la façon dont vous vivez ?
  • La mort d'un proche vous a-t-elle déjà conduit à vous demander ce qui, en cette personne, continue d'exister d'une certaine façon, dans sa manière de penser, dans ce qu'elle vous a transmis, dans le dialogue intérieur que vous continuez à avoir avec elle ?
  • Avez-vous déjà eu le sentiment que penser clairement une situation douloureuse — lui donner des mots justes — vous en rendait la traversée un peu plus supportable ?

À propos de ce webinaire

Condamné à boire la ciguë par le tribunal d’Athènes, Socrate s’apprête à mourir. Ses amis, qui l’imaginent touché, profitent des largesses du gardien de la prison pour le rejoindre et l’accompagner dans ses derniers moments. Seulement voilà, Socrate ne faisant jamais rien comme les autres, il apparaît l’air heureux et noble. C’est en tout cas, c’est ce que nous dit Phédon, personnage qui donne son nom au dialogue et qui rapporte les événements auxquels il a assisté à un certain Echécrate.

Comment Socrate peut-il avoir l’air heureux, alors qu’il va mourir et qu’il est, en plus, la victime d’une injustice ? Eh bien, c’est simple : c’est que l’idée que Socrate se fait de la mort n’est pas la même que celle que s’en font ses amis. Ainsi, ceux qui pensaient venir consoler leur ami se retrouvent à lui demander une consolation. Seulement, sa réponse les déstabilise : pour lui, la mort n’est pas un mal et il va même jusqu’à dire que philosopher ce n’est rien d’autre qu’apprendre à mourir et à être mort. Mais que veut-il dire par-là ? Comment comprendre cette phrase énigmatique et un peu glauque au premier abord ?

Le Phédon a ceci de particulier qu’il met Socrate au défi de répondre d’une de ses affirmations, lui qui, d’habitude, interroge. Que veut-il dire par mourir ? Et, si la mort est séparation, que sépare-t-elle ? En quoi est-elle liée au désir de vérité propre au philosophe ? Pour y répondre, le texte mobilise des concepts centraux de la philosophie de Platon : l’âme et sa relation au corps, mais aussi la réminiscence et les formes intelligibles. Tout cela dans un dialogue écrit par Platon mais dans lequel les événements sont rapportés par Phédon qui nous explique que Platon, malade, n’était pas présent.

Brice Bersani nous guide à travers lce texte. La mort y est d’abord définie comme séparation de l’âme d’avec le corps, ce qui suppose de distinguer deux modes d’appréhension du réel : celui du corps, où les sensations sont toujours confuses, et celui de l’âme, qui seule peut penser les choses telles qu’elles sont en elles-mêmes. Philosopher, c’est précisément s’exercer à cette séparation par la pensée, tout au long de la vie, non par ascétisme, mais parce que le corps seul ne fournit aucun critère stable pour bien vivre. La réminiscence vient alors éclairer comment l’âme, animée par le désir du vrai, se ressaisit progressivement de réalités intelligibles — le beau, le juste, l’égal — que le sensible évoque sans jamais les donner pleinement. Mourir, pour le philosophe, n’est donc que l’aboutissement d’un travail déjà commencé ici-bas, ce qui explique la sérénité de Socrate face à la ciguë.

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Ce rendez-vous s’inscrit dans la continuité des cours de philosophie en ligne proposés par La Maison des Sagesses : des rencontres accessibles, vivantes et exigeantes, pour explorer les grandes questions humaines avec des philosophes et intervenants passionnés.

Durée : 1 h 30. 

Thématiques abordées

SouffrancePlaisirDésirAmeCorpsMortDeuilFormes intelligiblesImmortalitéBien vivreSuicide

Philosophes, notions et références

Une réflexion ancrée dans le Phédon de Platon, qui fait dialoguer Socrate, Pythagore et les stoïciens autour des notions d'âme, de corps, de séparation et de réminiscence, et qui s'ouvre, en fin de parcours, vers Camus et Freud.

Brice Bersani, votre enseignant(e)

Brice Bersani, né en 1992, est agrégé de philosophie et enseignant au lycée Stanislas de Wissembourg. Passionné par la pensée contemporaine et la pédagogie, il a enseigné dans divers établissements de l’académie de Nancy-Metz et collaboré avec le CNED. Il mène actuellement un travail de recherche sur la notion de misologie chez Platon. En parallèle, il poursuit ses réflexions philosophiques qui ont donné lieu à des contributions dans des revues telles que Environnement, Risques & Santé et La Revue des Deux Mondes.

Un temps d’échange animé par Aurélie Godefroy

À la fin de chaque cours, pendant une demi-heure, Aurélie Godefroy, journaliste, anime un temps de questions-réponses avec l’enseignant.

Aurélie Godefroy
La sagesse de Platon : philosopher, c'est apprendre à mourir
Par Brice Bersani
19 €

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